A Dakar, le comédien ivoirien Sidiki Bakaba parle de la perspective d’une paix durable dans son pays

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La Côte d’Ivoire retrouvera la paix ’’malgré les belliqueux’’, assure le comédien et metteur en scène ivoirien Sidiki Bakaba, rentré en novembre dernier d’un exil de plus de 7 ans d’exil en France.

« J’ai espoir que la Côte d’Ivoire retrouvera ce qu’il a de plus précieux, qui est la paix, je crois que, quels que soient ce que les uns et les autres disent de telle ou telle partie, quels que soient les belliqueux, parce qu’il y en a et il y en aura toujours (…), on ne peut pas arrêter la marche du temps », a affirmé l’acteur dans un entretien avec l’APS.

Il a terminé lundi un séjour au Sénégal (11-14 janvier), où il a participé à « une soirée hommage » à l’écrivain Cheikh Hamidou Kane, à l’initiative de « Gorée cinéma » et du Musée des civilisations noires (MCN).

Sidiki Bakaba est venu présenter le film « L’aventure ambiguë », réalisé en 1983 par le cinéaste français Jacques Champreux et dans lequel l’artiste ivoirien joue le rôle de Samba Diallo, personnage principal du roman.

Sidiki Bakaba dit avoir la certitude que « la paix en Côte d’Ivoire est en route », ajoutant : « Je suis rentré et sorti du pays, on ne m’a pas arrêté, je n’ai reçu aucune agressivité, au contraire que de l’amour ».

Ailleurs il y a des crises du genre de celle qui a touché la Côte d’Ivoire dans les années 2000, mais les pays concernés « ont fini par créer une nation » comme en Europe, alors qu’on ne pensait pas leur trouver des solutions, a-t-il indiqué.

« Regarder l’Europe, ce qui s’est passé entre les Français, les Anglais, les Allemands. Aujourd’hui, tout ce monde cohabite, ce sont les épreuves qui peuvent faire une véritable nation », a soutenu Sidiki Bakaba.

Son œuvre a été revisitée récemment à l’occasion d’un colloque international que lui a dédié l’Université Félix Houphouët Boigny, sur le thème « Sidiki Bakaba, un engagement au service des arts du spectacle africain ».

Il évoque par ailleurs le cas du Rwanda, par exemple. « On ne le souhaite jamais, jusqu’ici ce qui s’est passé au Rwanda est sans précédent. Aujourd’hui, ce pays est émergent, il a dépassé beaucoup de pays qui avaient même la paix », a-t-il fait observer.

L’ancien directeur du Palais de la culture de Treicheville à Abidjan (Côte d’Ivoire) est revenu au pays natal après l’appel à la paix et à la réconciliation lancé par le président ivoirien Alassane Ouatara.

Sidiki Bakaba, estimant qu’un « artiste libre n’est pas toujours compris », est revenu sur les « amalgames » et incompréhensions le concernant.

« Il y a eu des amalgames du fait que j’ai été blessé au moment où je filmais la guerre à Abidjan comme un artiste témoin, j’ai été blessé par un obus et on m’a transporté à la résidence présidentielle », a-t-il expliqué.

« Malheureusement », cela a été l’objet de « beaucoup d’interprétations, certains on dit que j’étais l’ami du président Laurent Gbagbo’’, acquitté ce mercredi par la Cour pénale internationale après 7 ans de détention, mais « comme disait Amadou Hampaté Ba, +un président, ce n’est jamais l’ami de qui que ce soit+ », a indiqué Bakaba.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité (meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains), en lien avec la crise ivoirienne, ont été acquittés lundi par la Cour pénale internationale (CPI).

Mais les procureurs de la CPI ont décidé de faire appel de ce jugement.

Parlant du tournage du film « L’aventure ambiguë » dont il est venu faire la promotion au Sénégal, il a déclaré : « Rêver du personnage, le lire dans un roman, et être un jour en train de l’incarner, c’est une chance extraordinaire, j’ai été choisi par l’auteur et le réalisateur ».

Il était aussi chargé du casting dans ce film et avait choisi des comédiens de son choix, dont les Sénégalais feus Douta Seck, son « papa » dit-il, et Bachir Touré, des acteurs avec qui il rêvait de jouer.

Comme le livre, le film « L’aventure ambiguë » revient sur la difficulté de concilier cultures locales et cultures occidentales.

Dans cette perspective, cette fiction aborde une actualité brûlante, relative à l’émigration et l’exil des Africains vers l’Occident.

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