Les longs métrages fiction FOPICA « pas encore prêts » pour le FESPACO

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Les films financés par le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuel (FOPICA), en particulier les longs métrages de fiction dont certains sont ’’en cours de finalisation’’, ne sont pas encore « prêts » pour être présentés à une compétition, a expliqué le secrétaire permanent dudit fonds, Abdou Aziz Cissé.

Il réagissait, dans un entretien avec l’APS, à l’absence du Sénégal de la liste des pays dont des longs métrages ont été retenus pour la compétition officielle de l’édition 2019 du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) prévue du 23 février au 2 mars à Ouagadougou, au Burkina Faco.

Le comité d’organisation du FESPACO a dévoilé, mardi dernier, une liste de 20 films longs métrages fiction de 16 pays africains, pour la compétition officielle dotée de l’Etalon d’or du Yennenga.

« C’est avec beaucoup de peine que l’on constate que le Sénégal n’est pas présent sur cette section parce que celle-ci permet d’avoir accès au grand prix, nous avons tout fait pour qu’on y soit, les films n’ont pas pu être terminés à temps », a déclaré Abdoul Aziz Cissé.

« Nous savions que le Sénégal ne serait pas présent parce que les films financés par le FOPICA, surtout les longs métrages fiction (…), sont en cours de finalisation, d’autres sont en cours de recherche de budget pour boucler le tournage », a-t-il dit.

Des 9 projets de films longs métrages fiction financés par le FOPICA, un seul a été jusque-là livré, à savoir « Félicité » du réalisateur Alain Gomis, primé au FESPACO et dans d’autres festivals à travers le monde.

Il y a quatre projets dont le tournage a déjà démarré, dont « La prochaine fois le feu » de la Franco-Sénégalaise Mati Diop, nièce de Djibril Diop Mambety. La postproduction de ce film est en train d’être finalisée, a signalé le secrétaire permanent du FOPICA.

« Pour ce film, par stratégie, les producteurs ont décidé qu’il ne sera pas présenté au FESPACO. Ils visent la +Berlinale+ (Festival international de Berlin) et le festival de +Cannes+ en France. Il se trouve que dans ces deux festivals, on exige d’avoir l’exclusivité mondiale. Donc si le film passe au FESPACO, il ne passera pas là-bas », explique Abdou Aziz Cissé.

Selon lui, l’autre aspect dans ce projet de Mati Diop, « c’est que le Sénégal est en coproduction minorité ». « Du coup, note-t-il, le producteur sénégalais ne peut pas peser pour décider que le film ira au FESPACO d’abord avant d’aller dans les autres festivals ».

« Hivernage » de Laurence Gavron, produit par « Médiatik » et qui pouvait être présenté au FESPACO, est un long métrage confronté à des problèmes de bouclage de budget, a renseigné Abdoul Aziz Cissé.

« +Hivernage+ de Laurence Gavron qui est déjà tourné, la première version de la postproduction que l’on appelle l’ours est fait, mais Médiatik son producteur (…) a utilisé l’argent du FOPICA pour tourner, maintenant il cherche de l’argent pour faire la post-production ».

Le film « Que le père soit » de Clarence Delgado, produit par « Art médias production », sur lequel le Sénégal pouvait compter, se trouve aussi dans la même situation.

« Ce film est déjà tourné, on avait vraiment espoir et on pensait que ce film irait au FESPACO, malheureusement le producteur était confronté à des problèmes de financement et a décidé de ne pas forcer les choses et de prendre le temps de bien finaliser le film pour le sortir », révèle le secrétaire permanent du FOPICA.

Un quatrième projet dans le pipeline, à savoir « Rêve de Laïticia » de Ben Diogaye Bèye, a déjà reçu un financement de 100 millions de francs CFA du FOPICA mais le réalisateur est à la recherche d’un producteur américain.

Pour ce film, souligne Abdoul Aziz Cissé, « la partie sénégalaise du tournage est déjà faite, il reste la partie américaine, malheureusement le producteur a eu des difficultés avec le partenaire américain’’ sur lequel repose la garantie de la prise en charge du tournage de la partie américaine.

« Actuellement, nous travaillons pour trouver un autre partenaire pour suppléer celui défaillant afin de permettre à ce projet de pouvoir être tourné et d’être monté », a indiqué M. Cissé.

Au total, renseigne-t-il, sur les neuf longs métrages fiction jusque-là financés par le FOPICA, « il y a quatre dont le tournage n’a pas encore démarré parce que les producteurs sont en train de chercher des financements pour boucler leur budget ».

Il a cité « Le procureur » de Christian Thiam, « Excellence vos épouses » de Moussa Seydi, « Adama et Awa » de Moussa Sène Absa et « L’otage du fleuve » de Nicolas Sawalo Cissé.

Le réalisateur de ce dernier long métrage fiction était d’ailleurs au Festival de Marrakech en novembre dernier pour participer à une session de pitch (présentation d’un projet à un producteur) afin de trouver des financements additionnels devant lui permettre de démarrer le tournage.

« Ils (les producteurs) n’ont pas réussi à trouver le financement complémentaire pour boucler le budget’’, or « il n’y a pas un seul fonds au monde qui finance intégralement un projet de film. Tous les fonds financent partiellement et permettent au producteur d’aller chercher un financement additionnel », soutient Abdou Aziz Cissé.

Selon lui, le Sénégal pouvait faire comme d’autres pays qui ont pris l’option de financer un ou deux projets, par exemple le Burkina Faso, mais dit-il, « les enjeux ne sont pas les mêmes ».

« Le Burkina, son enjeu principal, c’est d’être présent au Fespaco, c’est eux qui organisent », alors que pour le Sénégal, fait-il valoir, « le FOPICA a pour mission principale de structurer l’industrie cinématographique, donc ce n’est pas forcément de faire des films pour les festivals, mais de veiller à la structuration de l’industrie (…)’’.

Le FOPICA, assure son secrétaire permanent, travaille « énormément » sur ce point en investissant « sur beaucoup de projets ».

Une option est de s’assurer que le Sénégal « sera présent dans certaines rencontres internationales, mais c’est oublier que le rôle principal assigné au FOPICA, c’est de structurer l’industrie cinématographique sénégalaise », insiste-t-il.

Le FOPICA, conclut Abdoul Aziz Cissé, « n’intervient pas uniquement sur la production de films, mais également sur la distribution, l’exploitation, la formation et les secteurs connexes ».

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